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Quand Zuckerberg fait sa publicité sur le dos de Porto Rico

En avril, Facebook a fait un pas de plus vers la réalité virtuelle en lançant Facebook Spaces, une technologie qui s’appuie sur l’Oculus Rift et qui permet de créer son avatar. Un nouvel outil permettant aux utilisateurs de personnaliser leur avatar et de le faire interagir avec des amis dans différents décors. Puis quelques mois après, Facebook a rendu possible les lives de Spaces afin que tous les utilisateurs (ayant un casque ou non) puissent suivre le même live. Hier, Mark Zuckerberg a voulu faire la présentation de sa technologie pour montrer à quelle point celle-ci était simple d’utilisation et immersive. Seulement, le patron de Facebook n’a pas fait ça de manière très… éthique, disons.

Mark Zuckerberg et Rachel Franklin, la responsable de la “réalité virtuelle sociale” du réseau social sont allés se balader à travers le monde grâce à Facebook Spaces. Seulement, le choix des lieux n’a pas été du meilleur gout puisque le PDG a semblé croire que Porto Rico serait un bon endroit pour faire sa promotion. Lors du passage de l’ouragan Irma, puis Maria, l’île a été dévasté à tel point qu’elle est depuis entièrement privée d’électricité. Malgré le fait que Tesla et Elon Musk semblent s’investir en envoyant une centaine de batteries et en proposant de reconstruire le réseau, l’île est pour l’instant entièrement dévastée. Au-delà de l’investissement de Tesla, Google a aussi proposé son aide en discutant de l’envoi de Loon, des ballons sondes qui pourraient apporter une connexion d’urgence aux habitants. Les deux entreprises de la tech ont donc proposé des solutions d’urgences concrètes permettant de reconnecter les habitants entre eux. Malgré le fait que cela dénote aussi d’une substitution des entreprises aux états, propulsant les firmes au rang de décideurs principaux, Google et Tesla ont le mérite de s’investir (avec ethique). Et ce sans que cela soit gênant, contrairement à ce qu’a réalisé Zuckerberg avec son opération de communication.

Ainsi, Zuckerberg et Franklin se sont téléportés dans différents lieux de l’île, jugeant bon de parler de leur produit devant des rues inondées et dévastées par le passage des ouragans. Et comme le précise The Guardian, « tous deux s’exprimaient depuis leurs confortables bureaux du campus de l’entreprise à Menlo Park, en Californie, en portant des casques de réalité virtuelle [Oculus Rift] ». Et effectivement, voir des avatars souriants faire de la promotion devant des rues détruites n’a pas été apprécié. Qui plus est, les deux protagonistes ont tenu à commenter le paysage détruit comme s’ils y étaient. Malgré le fait que Zuckerberg ait insisté sur l’aide que la VR pouvait apporter à l’île de Porto Rico, la démarche est plutôt mal passée. The Guardian, pour sa part, parle même de tourisme de catastrophe, ou tourisme noir, évoquant de la sorte le voyeurisme du PDG. Courrier international rappelle que le tourisme noir est « une tendance qui s’est développée ces dernières années, consistant à visiter (souvent dans un cadre organisé) des lieux frappés par des catastrophes naturelles, des prisons, des bidonvilles, etc. ».

Aux vues de la sensibilité du sujet aux USA, Zuckerberg aurait mieux fait de se prendre une bonne dose d’humilité plutôt que d’aller vanter les mérites d’un produit censé mettre en avant l’interaction humaine.

Source : The Guardian

Source : Siècle Digital

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